Comment les algues répondent aux nouveaux modes de consommation alimentaire ? 

Assiette contenant des algues

La pandémie de COVID-19 et les risques liés au changement climatique ont une incidence significative et continue sur les comportements de la consommation alimentaire dans de nombreux pays. Les populations adoptent une approche plus proactive de la santé et se tournent vers une consommation dite « responsable » (consommation de biens répondant aux critères du développement durable) [1]. Cependant, cela ne doit pas se faire au détriment du plaisir !

Les algues répondent aux attentes des consommateurs, qui, soucieux de leur alimentation et curieux d’innovations [2], choisissent des aliments avec un intérêt nutritionnel et produits de manière durable.

Est-il bon pour la santé de manger des algues ?

Les algues sont réputées saines et goûteuses, et ce n’est pas pour rien !

Consommées depuis des siècles, les algues sont utilisées pour se nourrir et se soigner. Depuis quelques décennies d’ailleurs, de nombreux mouvements naturopathes soulignent leurs bienfaits. Dans les pays où la consommation d’algues et de produits de la mer est courante (en Asie notamment), le taux d’obésité est très bas, l’incidence des cancers et de maladies cardio-vasculaires est beaucoup plus faible que dans les pays occidentaux, et les individus semblent vivre plus longtemps.

Cela résulte de la concentration importante des algues en vitamines et sels minéraux biodisponibles (car ils sont présents sous forme de chélates). Elles sont également largement composées de fibres solubles et insolubles, qui respectivement ralentissent la vitesse d’absorption des glucides (avantage pour les personnes diabétiques) et favorisent la digestion. Enfin, les algues regorgent d’une multitude de nutriments et métabolites secondaires dont les bénéfices sur la santé sont variés : les stérols et phénols possèdent des propriétés antioxydantes avérées, les acides gras essentiels (omégas 3) préviennent les risques de maladies cardio-vasculaires, les polysaccharides sulfatés peuvent présenter un effet anti-cancéreux, etc [3].

Les algues et le développement durable

La prise de conscience de l’urgence à respecter l’environnement passe par une remise en cause de notre quotidien, avec notamment l’alimentation. Les consommateurs « responsables » privilégient des produits locaux, peu transformés et résultant de filières durables (agriculture biologique par exemple).

La consommation d’algues marines alimentaires est une piste intéressante pour répondre aux critères du développement durable puisqu’elles sont produites et transformées de façon :

  • Écologique : se développant dans l’océan, les algues ne nécessitent pas d’engrais ni de pesticides. Elles luttent contre le réchauffement climatique en ne générant aucun gaz à effets de serre et en stockant le dioxyde de carbone à long terme.
  • Renouvelable : les algues ont simplement besoin d’eau de mer, de lumière solaire et de dioxyde de carbone pour croître. Elles n’exercent pas de pression sur les réserves d’eau potable ou les terres arables.
  • Éthique : l’utilisation d’algues a un impact environnemental positif, mais aussi social puisqu’elles participent à une alimentation saine et favorisent le développement de l’économie locale [4].

Manger des algues : une source de plaisir

Alors que les japonais consomment entre 7 et 9 kg d’algues fraîches par an (Centre d’Etude et de Valorisation des Algues), la consommation d’algues en tant que légumes n’est pas encore populaire en Occident, même si on observe un réel engouement pour cet aliment original, goûteux et pratique.

Effectivement, les algues attisent la curiosité des consommateurs qui sont sans cesse à la recherche de découvertes culinaires, d’autant plus quand celles-ci permettent de s’ouvrir à de nouvelles cultures. Cette ouverture d’esprit se fait grâce à la multiplication des restaurants asiatiques et au succès d’animations grand public. De grands chefs par exemple les cuisinent pour leurs textures, leurs couleurs et leurs saveurs uniques. Également, les algues séchées sont appréciées pour leur praticité : elles se réhydratent rapidement et s’incorporent dans de nombreux plats en guise d’assaisonnement car leur goût iodé se marient très bien avec les produits de la mer [5]. Cuisiner les algues, c’est le plaisir assuré !

 

BIBLIOGRAPHIE :

[1] Charline Comparini, Marie Lesueur, Morgane Marchand. Les algues comme aliments éthiques Projet Idealg. 2017, 4 p. ffhal-01823949f consulté le 30/08/21 : https://hal-agrocampus-ouest.archives-ouvertes.fr/hal-01823949/document

[2] MARFAING H. La place des algues dans l’industrie agroalimentaire aujourd’hui – CEVA – 30/10/2019.

[3] MOURITSEN O. G. 2015. Algues marines – Propriétés, usages, recettes. Paris, Éditions Delachaux et Niestlé, 304 pages.

[4] QUEVA, Régine. 2019. Les supers pouvoirs des algues. Larousse.  144 pages.

[5] LE BRAS Quentin, RITTER Léa, FASQUEL Dimitri, LESUEUR Marie, LUCAS Sterenn, GOUIN Stéphane. 2014. Etude de la consommation des algues alimentaires en France. Programme IDEALG Phase 1. Etude nationale. Les publications du Pôle halieutique AGROCAMPUS OUEST n°35, 72 p. consulté le 30/08/21 : https://halieutique.agrocampus-ouest.fr/files/fichiers/pdf/4618.pdf