Les algues bretonnes et leur effet sur la sphère minceur

Une filière d’algues bretonnes

La Bretagne est une région importante pour la filière des algues françaises. On estime aujourd’hui qu’en Bretagne est réalisé qu’environ 90% de la récolte algale française est réalisée en Bretagne.

Parmi ces algues, les algues brunes appartenant à l’ordre des fucales, comme l’Ascophylle noueuse (Ascophyllum nodosum) et le Fucus vésiculeux (Fucus vesiculosus) sont des algues dont la filière est très développée sur le territoire breton.

La récolte de cette ressource, également appelé goémon, s’effectue encore aujourd’hui manuellement et à pied par des pécheurs appelés goémoniers. Cette récolte, répondant à une charte de bonnes pratiques pour la préservation de la biomasse, est très encadrée et règlementée et ne peut pas être effectuée sans autorisation.

La récolte s’effectuant sur l’estran, elle est très dépendante de la période de l’année ainsi que du coefficient de la marée permettant la récolte et la coupe des thalles à pied.

Récolte de fucales par un goémonier sur l’estran de Pleubian

Une fois les algues récoltées par les goémoniers, différentes étapes vont être réalisées afin de pouvoir les proposer à la consommation. Elles sont d’abord lavées pour retirer toutes les impuretés, comme le sable et les éventuels débris de coquillages et de cailloux.

Les algues vont ensuite être déshydratées dans des séchoirs ayant des températures avoisinant les 70°C. Cette étape a pour principal but de fournir une algue avec une teneur minimale en eau, permettant d’allonger sa durée de vie en limitant notamment le développement de contaminations bactériennes. Enfin, les algues séchées sont broyées brièvement sous forme de paillettes, pouvant être directement utilisées en agroalimentaire, ou bien broyées plus finement sous différentes granulométries, pouvant atteindre le micromètre pour les particules les plus petites. La réduction des algues brunes sous des moutures aussi fines permet d’augmenter la disponibilité des molécules d’intérêts pour notre santé.

Une action reconnue dans la sphère minceur

Parmi toutes les molécules d’intérêts présentes dans les Fucales, l’Ascophyllum et le Fucus sont principalement riches en polysaccharides comme l’alginate, les fucoïdanes et laminarines, et possèdent également des teneurs intéressantes en des polyphénols particuliers appelés phlorotannins.

Il a été montré que ces phlorotannins, présents uniquement chez les algues brunes, avaient la capacité de perturber l’activité de certaines enzymes de la digestion humaine comme l’amylase et la glucosidase pancréatique. Ces enzymes étant très importantes dans le stockage du glucose, l’ingestion de ces phlorotannins aiderait à diminuer la libération de glucose dans le sang et ainsi à réduire le risque d’hyperglycémie et de diabète de type 2.

Ces effets, principalement montrés sur des extraits purifiés d’algues enrichis en polyphénols, ont récemment été démontré sur algues entières par Nuwen. Le passage des algues dans l’estomac a d’abord été simulé, puis l’activité des algues digérées a été testée sur les enzymes digestives.  Il a ainsi été mis en évidence que les algues entières seules étaient tout à fait capables d’inhiber l’activité d’enzymes digestives une fois réduites en poudre fine. Cette étude a notamment montré que le Fucus et l’Ascophyllum avait un IC50, valeur indiquant la concentration permettant 50% d’inhibition, bien plus faible que l’acarbose (médicament de référence dans la gestion de l’hyperglycémie).

Etude d’inhibition de l’alpha-glucosidase réalisée par Nuwen

Cette étude a donc mis en avant que, sans aller jusqu’à l’extrait purifié, l’ingestion de poudre d’algue entière Fucus et Ascophyllum est suffisante pour jouer un rôle dans la réduction de la diffusion du glucose dans le sang, et plus largement dans la sphère minceur.